Un enfant de 20 mois peut aligner une cinquantaine de mots ou rester bloqué à dix, sans que cela ne trahisse forcément un problème. Le développement du langage n’écoute pas de règle universelle et, derrière un retard apparent, une difficulté plus vaste peut parfois se cacher.
Pourtant, les chercheurs sont formels : des gestes simples, répétés chaque jour, ont un impact réel sur l’apparition du vocabulaire et la richesse des échanges. L’environnement familial, plus que le seul tempérament de l’enfant, trace la voie vers de nouveaux mots et une communication plus fluide.
Comprendre le développement du langage entre 1 et 3 ans : repères et évolutions
À 20 mois, l’apprentissage du langage franchit une étape déterminante. Chaque mot, chaque syllabe, chaque son représente une petite victoire. Le rythme d’acquisition du vocabulaire varie fortement selon l’âge de l’enfant : certains n’osent que quelques mots, d’autres tentent déjà d’enchaîner deux termes pour former des phrases rudimentaires.
Les orthophonistes identifient plusieurs jalons majeurs entre un et trois ans. Avant 24 mois, l’enfant tâtonne : il expérimente, observe et répète. Entre 18 et 24 mois, le nombre de mots s’accroît nettement. Vers deux ans, beaucoup commencent à associer deux mots, comme « encore gâteau » ou « maman partie ». Ces premières associations ouvrent la voie à des phrases structurées, qui émergent progressivement autour de trois ans. La diversité des mots employés, objets, actions, adjectifs, dépend beaucoup des échanges quotidiens et de la variété des situations proposées.
Voici les grandes étapes qui jalonnent ce parcours :
- Premiers mots : le plus souvent entre 12 et 18 mois, mais chaque enfant avance à son rythme.
- Combinaison de mots : typiquement entre 18 et 24 mois, avec des associations simples qui préparent l’arrivée de vraies phrases.
- Apparition des phrases élaborées : généralement autour de trois ans, avec des variations liées à la vie familiale et à l’exposition au langage.
La progression du langage ne se résume pas à une question d’âge ou de biologie. Les interactions du quotidien, les situations variées, les commentaires sur les actions, le fait de nommer les objets : tout cela nourrit le vocabulaire et prépare la transition vers des phrases construites. Être disponible, écouter vraiment et encourager chaque tentative sont des leviers de choix pour accompagner l’enfant de l’exploration des mots à la maîtrise des phrases.
Pourquoi chaque mot compte dans la vie quotidienne de votre enfant ?
Chez un enfant de 20 mois, chaque mot entendu, répété, articulé participe à la construction de son développement. Le vocabulaire acquis ne sert pas seulement à désigner : il permet d’expérimenter, de comprendre et de s’exprimer sur le monde qui l’entoure. L’enfant s’approprie le langage par petites touches, au fil des échanges et des situations du quotidien.
Observez la puissance d’un mot comme « encore » ou « fini » : ces termes glanés dans les routines permettent de formuler un besoin, d’exprimer une envie, de s’affirmer. Le langage devient rapidement un outil d’autonomie et d’interaction sociale. Pour soutenir ces premiers pas, il faut prêter attention à chaque mot, relever chaque essai, même hésitant.
Pour enrichir ce processus, voici quelques pistes à adopter :
- Nommez les objets du quotidien, en gardant des mots précis et adaptés au réel de l’enfant.
- Reformulez, sans insister sur la correction, lorsqu’un mot est mal prononcé.
- Favorisez l’usage de mots simples et concrets, parfaitement en phase avec son expérience.
La répétition n’est pas un obstacle : elle ancre le vocabulaire. Jouer avec les sons, varier les intonations, inventer des rimes ensemble : ces petits moments partagés facilitent l’intégration des mots et ouvrent la voie aux premières phrases. Chaque mot prononcé ajoute une brique à l’édifice de la communication, tisse un lien plus fort avec l’entourage et augmente la capacité de l’enfant à comprendre et à interagir.
Des astuces simples et ludiques pour encourager l’expression orale au quotidien
Introduisez le langage dans des rituels familiers. Au bain, à table ou lors d’une balade, décrivez ce que vous faites, nommez les objets, interrogez votre enfant sur ce qu’il observe. Ce dialogue constant alimente le vocabulaire et favorise l’exploration de mots pertinents pour lui.
Les jeux de langage sont de précieux alliés. Les livres cartonnés, choisis pour leur clarté, offrent une excellente occasion de dialoguer. Parcourez-les ensemble, posez des questions simples, laissez votre enfant montrer ou nommer. Les comptines et les chansons, grâce à leur rythme et leur musicalité, facilitent la mémorisation de nouveaux mots et introduisent des structures de phrase variées, bien avant l’arrivée des phrases complexes.
Voici quelques idées pour stimuler l’expression :
- Tour à tour, désignez les objets autour de vous et proposez à l’enfant de les nommer ou de les retrouver.
- Utilisez la langue des signes bébé pour accompagner certains mots : ce repère visuel renforce la compréhension et donne envie de s’exprimer.
- Suscitez l’imitation : mimez des actions, invitez votre enfant à reproduire des sons ou des mots associés.
Laissez à votre enfant la possibilité de prendre l’initiative : terminer une phrase, compléter une comptine, inventer le nom d’un animal imaginaire. Cet espace de liberté nourrit la confiance et stimule la créativité. Même de courtes interactions, répétées régulièrement, rendent le langage vivant et préparent l’enfant à assembler ses premiers mots en de petites phrases.
Le rôle essentiel des parents : comment accompagner et soutenir la communication précoce
L’atmosphère familiale façonne la dynamique langagière dès le plus jeune âge. La disponibilité des parents, leur écoute attentive, leur regard engagé : tout cela pèse dans l’émergence des mots. Privilégiez les échanges directs, répondez aux tentatives de communication, même maladroites. Chaque sourire, chaque intonation, chaque mot adressé à l’enfant renforce sa compréhension de la langue parlée.
Laissez à l’enfant le temps de progresser à son rythme. Certains associent des mots dès 18 mois, d’autres observent longtemps avant de se lancer dans la construction de phrases. Ce qui compte, c’est la régularité des stimulations verbales, l’attention portée à ses gestes, l’écoute de ses signaux.
Pour soutenir son évolution, quelques pratiques simples peuvent faire la différence :
- Encouragez chaque essai, valorisez les tentatives, sans exiger la perfection.
- Faites participer frères, sœurs et proches aux échanges verbaux : multiplier les interlocuteurs enrichit l’expérience du langage.
- Gardez un œil vigilant : un retard ne se mesure pas uniquement au nombre de mots. Fiez-vous aux repères d’évolution, échangez avec d’autres parents, et si le doute s’installe, consultez un orthophoniste.
C’est la qualité du lien et de l’interaction qui fait la différence, bien plus que la quantité de mots alignés. Décrivez ce que vous faites, réagissez à ses gestes, commentez l’environnement. Cette présence bienveillante crée un terrain fertile pour l’acquisition du langage et encourage l’épanouissement des compétences de communication. Les premiers mots sont des graines ; bien accompagnés, ils donneront bientôt un langage foisonnant.


